Lettre ouverte du collectif « Vincent Peillon 2017 » aux acteurs de la vie culturelle et créative

 

Lors de ses déplacements, Vincent Peillon a entendu les préoccupations ainsi que les attentes des publics et des acteurs culturels et constaté les énergies fédératrices qui les caractérisent.

Il a une pensée particulière, notamment, pour certaines des associations et collectifs qui l’ont interpellé : MCD, La Métisse, Freeform, collectifs pour la vie nocturne… 

Ces sujets sont hélas sous-représentés dans les débats. Or, ils appellent une vision claire et nouvelle. Nous voulons répondre à cette exigence car elle est au cœur du projet républicain de Vincent Peillon.

Nous invitons les artistes, structures, organismes à répondre à cette lettre ouverte qui leur est adressée et à nous interpeller autour des trois grands axes du projet de Vincent Peillon.

 

Faire vivre notre devise républicaine

Nous voyons la culture comme un fil qui nous lie et qui nous permet d’avoir « conscience de la complexité du monde et des luttes qu’il faut s’obstiner à mener pour le rendre meilleur » comme en témoigne Ariane Mnouchkine dans son soutien à la candidature de Vincent Peillon.

C’est ainsi que nous renouvelons ici notre attachement à la protection et à la valorisation des patrimoines et nous appelons à un sursaut audacieux en faveur de la création artistique.

Nous croyons en ce formidable vecteur d’égalité qu’est la culture. Le projet républicain de Vincent Peillon s’attache à donner accès au meilleur de la culture pour chaque enfant et citoyen, de chaque quartier, quel que soit son milieu.

Mais au-delà de l’exigence d’une culture accessible à tous, il en appelle à une ambition nouvelle visant à renforcer cette belle idée de liberté que représentent les « droits culturels » tels qu’énoncés dans les travaux réalisés par l’ONU et l’UNESCO.

 

Une responsabilité partagée de la Culture

Nous voulons affirmer une responsabilité partagée entre artistes, structures culturelles, mécènes, investisseurs et citoyens. Aucun ne doit manquer à sa responsabilité pour que s’exerce notre liberté.

En ce sens, le rôle de l’État sera d’être garant et stratège.

Garant avec le new deal européen, en défendant ainsi notre capacité de financement et le droit d’auteur, actuellement menacés par les géants du web et par la suprématie du copyright.

Garant avec la clarification des interventions de l’État et des collectivités locales par l’élaboration des projets culturels territoriaux.

Stratège en observant les mutations et en accompagnant les acteurs. C’est en accompagnant les industries culturelles dans l’adaptation de leur modèle économique que la croissance et l’emploi du secteur continuera sur sa dynamique positive. C’est en simplifiant la fiscalité, aidant à l’exportation, et en élargissant les politiques de soutien à l’emploi culturel, à l’innovation, à la recherche et aux artistes indépendants que l’Art et la Culture resteront synonymes de fierté et d’ambition pour notre pays.

 

Une démocratie culturelle retrouvée

Si la démocratisation culturelle connaît aujourd’hui ses limites, c’est que nous l’avons trop souvent résumée à la question de l’accès aux œuvres et aux lieux décentralisés.

S’il est nécessaire de maintenir ces lieux, il est aussi urgent de soutenir le développement des événements, des festivals et des lieux émergents et indépendants dans ce qu’ils représentent de complémentaires dans la chaîne de production artistique et de proximité avec les publics tels que les friches artistiques, les collectifs, la nuit culturelle et festive…

Concernant les domaines les plus en pointe, nous devons reconnaître sur un pied d’égalité : innovation artistique et innovation technologique ; entrepreneuriat culturel et start-up ; artisanat d’art, artisanat traditionnel et artisanat numérique.  De la même façon, tous projets reliant art-recherche-industrie, utilisant des modes de diffusion originaux ou permettant de développer de nouveaux prototypes devront trouver des lieux et des soutiens adaptés.

Dans ce sens, il entend favoriser l’utilisation des lieux publics en « temps partagés » et le principe de « résidences » pour accompagner le développement de l’éducation artistique et culturelle. Cela pourrait prendre la forme, par exemple, de l’accueil d’un artiste dans chaque établissement scolaire.

Il ne saurait y avoir de démocratie culturelle sans encourager les pratiques amateurs, les nouveaux médias et l’éducation populaire.

Nous devons reconnaître et accompagner ces pratiques comme la pure expression de la liberté. De la même façon que nous devons permettre à l’art, aux fêtes libres, à la vie nocturne et aux manifestations populaires de s’épanouir dans l’espace public – dans le respect, bien sûr, de la tranquillité et la sécurité de chacun.

S’il est élu Vincent Peillon engagera ainsi de nombreuses consultations avec les territoires visant à mieux prendre en compte ces nouveaux modes de création et de culture comme autant de leviers d’animation, de dynamisme et d’attractivité économique et touristique.

 

Le Collectif «Vincent Peillon 2017»