Mes propositions sur la santé

Vincent Peillon, candidat à la primaire organisée par le PS, explique comment il compte créer une « complémentaire santé publique », desserrer les budgets des hôpitaux ou simplifier le tiers payant généralisé, dans une interview au Quotidien du médecin publiée ce lundi.

« La Sécurité sociale est un des piliers de notre République sociale », affirme-t-il d’emblée, se démarquant du champion de la droite François Fillon, qui « veut écorner ce système » et « fait fausse route » selon lui.

« La Sécurité sociale doit continuer de prendre en charge tous les risques », mais « pour un certain nombre de Français se pose aujourd’hui un problème d’accès à une mutuelle », relève l’ancien ministre de l’Éducation, citant en particulier « les personnes inactives, des chômeurs, étudiants ou retraités ».

Une couverture de qualité

« Je propose la mise en place d’une complémentaire santé publique pour permettre à ces personnes d’accéder, à un coût acceptable, à une couverture de qualité. Celle-ci pourrait être proposée par l’assurance-maladie et serait financée par la solidarité avec des cotisations et la CSG », détaille Vincent Peillon.

Concernant les finances de l’hôpital public, « la pression est telle (…) qu’elle est en train de l’affaiblir ». L’objectif de dépenses des hôpitaux devra être indexé « mieux sur l’augmentation naturelle des dépenses de santé », d’après cet eurodéputé socialiste, qui juge cependant « nécessaire, dans le même temps, de continuer les rationalisations » (achats, emprunts…).

Opposé aux « mesures autoritaires »

En outre, ce candidat à la primaire organisée par le PS pour la présidentielle soutient la généralisation du tiers payant, décidée par la majorité actuelle. « Mais sa mise en application pose des problèmes aux médecins (…) L’assurance-maladie et les complémentaires doivent travailler à des simplifications supplémentaires », préconise-t-il.

Pour lutter contre les déserts médicaux, il se dit opposé aux « mesures autoritaires » mais souhaite dans ces zones sous-dotées « faciliter le cumul emploi-retraite » et accorder aux médecins remplaçants « une réduction de charges et un abattement de l’impôt sur le revenu ».

Dans un tacle à Manuel Valls, l’ex-ministre considère inutile de « donner des coups de menton » comme le fait selon lui l’ancien Premier ministre en proposant de supprimer le secteur tarifaire 2 des médecins, où les dépassements d’honoraires sont autorisés.

M. Peillon réitère enfin son projet de « légaliser l’aide médicale à mourir », qui lui « semble être un progrès des droits inexorable ».

Extrait de Ouest France.